Une vision, une dynamique

Où en sommes nous des fondamentaux qui caractérisent une société ? Des mécanismes naturels qui permettent habituellement aux uns et aux autres, de se rencontrer, de se confronter, de partager des communs, de délibérer et au final de parvenir à un équilibre collectif dans l’intérêt de tous ?

L’urbanisation croissante nous a considérablement éloigné de cadres de vie à taille humaine, renforcé le caractère impersonnel de nos espaces, accru notre anonymat. La société de consommation, un certain individualisme ont envahi notre horizon dont le sens parvient difficilement à dépasser l’apparent, le tangible. Le trop plein d’informations nous paralyse (nous asservit ?) chaque jour un peu plus. Le tableau pourrait se poursuivre pour décrire (et cela est déjà fait abondamment) l’état de notre société et des multiples phénomènes qui continuent de la transformer et qui la vident de sa substance. Bien que la résignation, l’indifférence et l’apathie colorent nos rapports et nos approches, de réguliers sursauts viennent tenter de réveiller notre âme collective.

En plus d’entériner, les discours publiques accentuent encore les divisions et abiment un peu plus ce lien social, tout en n’hésitant pas à user d’un vocabulaire fraternel…Un système politique donc qui ne répond non seulement que très peu à la promesse de la régulation démocratique (en crise) face à la crise profonde de la société, mais qui consolide le règne d’une minorité d’élus plus ou moins déconnectés des concitoyens qu’ils sont censés représenter. Un discours dominant qui prétend maintenir l’unité en neutralisant, en divisant, en atomisant la société. Au final, une méfiance voire un rejet du fonctionnement comme du personnel politique.

En sortir ?

Pourtant, pour qui observe attentivement, la prise de conscience est déjà là, les initiatives multiples et variées déjà en action. Une formidable mobilisation est en effet à l’œuvre  pour reconstruire cette dimension collective, un « nous » si familier, imparfait mais si nécessaire à notre bien être commun, dans ce que nous avons en partage.

Et quelque que soit le point de départ, de la gestion de nos déchets, à la solidarité multiforme, en passant par les drames qui nous extirpent de notre torpeur, le cap reste le même : initier, encourager la rencontre des marseillais, les débats, les réflexions, favoriser l’implication en résistant à l’habituelle délégation, s’intéresser ensemble aux problèmes communs pour imaginer des solutions collectivement, ne plus négliger également les scrutins locaux qui pèsent sur le quotidien.

Refaire Société.